En Écrivant
Mieux qu’un journal intime, Pascal composait le roman chronologique d’une existence et un très nombreux public de fidèles attendait la chronique vivante de son village de Morterolles, de ses amitiés parisiennes, de ses passions politiques et littéraires, de ses amours aussi, toujours curieux de ses…
» Toutes les fenêtres dans la nuit racontent une histoire différente. Un peu de la nôtre aussi. Je guette des ombres aux fenêtres. Selon qu’on aperçoit une bibliothèque ou l’éclair d’un écran de télévision, selon qu’une ampoule pendouille au plafond, ce n’est pas la même. Des vies, des petites vies, des hommes et des femmes qui s’embrassent et se déchirent… »
» Christophe, le nouveau jardinier, est allé ramasser les premières fleurs dans le parc, sous les bois. Il a posé sur le rebord de la fenêtre un bouquet d’or pour moi. Il n’y a jamais eu qu’un jeune homme ici avant lui pour cueillir les fleurs. Stéphane avait le privilège des jonquilles. «
Morterolles, 8 août 2004
» Et les cloches de l’église qui ne sonnent plus. Il me semble pourtant les entendre, au loin dans mon silence. Quelle heure est-il exactement ? J’ai dîné seul sur la terrasse. Christiane m’avait laissé des blinis et du saumon. J’ai bu de la vodka et je me demandais : quelle heure est-il dans ma vie ? Sur cette terrasse, à l’ombre du tilleul et des lilas, les derniers beaux soirs remontent à lui. Tous les étés de sa jeunesse ici se confondent maintenant avec le temps qui passe. «
« Chaque année en hiver, il m’expliquait la différence entre les clémentines et les mandarines. Il jetait les écorces dans le feu de la cheminée, le salon embaumait l’odeur piquante et sucrée des fruits, et des pétales de roses séchées qu’il conservait dans un panier d’osier posé sur le radiateur de la cuisine. Il y avait des noix de son verger et des branches de houx.
Noël approchait. Nous étions heureux et nous savions pourquoi. «
« Tous les jours de ma vie sont désormais des lendemains de fêtes. Des défaites annoncées. J’habiterai pour Noël quai d’Orléans, la Seine à ma fenêtre, mon chagrin au fil de l’eau. Je ne serai pas plus malheureux sur l’île Saint-Louis. Pas moins. Bouger pour bouger ne sert à rien et il est possible aussi que le fleuve m’emporte. En attendant, je donnerai rendez-vous dans les jardins de Notre-Dame à des garçons gentils qui me prendront pour le Bon Dieu. »

La vie sans lui
« Privé de lui, de son épaule, j’avance sans savoir où je vais. J’avance, cela veut dire que je me lève, que je me lave, que je réponds oui quand on me demande si ça va. Rien, des réflexes, des convenances.
Je ne me laisse pas aller, je vais. »

Tous les bonheurs sont provisoires
Albin Michel – 1995
« Je tutoie des ministres, je pars en week-end chez le président de la République, j’ai mon nom dans des livres et sur des affiches de music-hall, on me voit à la télévision, on me reconnaît dans la rue, on dit du bien de moi et cela me fait plaisir, on dit du mal de moi et c’est très bien ainsi. J’ai une voiture bleu marine, un chauffeur très gentil et très snob, j’ai » vraiment tout pour être heureux ! » disent les journaux. Mais je ne crois pas les journaux quand ils parlent de moi. Je m’organise avec la vie, comme tout le monde. J’ai noté ici et là des émotions, des rencontres, des colères aussi, j’ai daté quelquefois, mais c’était inutile. Je me souviens de tout, ou presque. »

Souvenirs particuliers
« En ce temps-là j’avais une maîtresse et un amant qui, d’ailleurs, s’entendaient fort bien. À les voir courir ensemble les vernissages, on aurait pu imaginer qu’ils s’aimaient. Mais non ! Ils parlaient de moi. Je leur donnais du souci, semble-t-il. »
Le dictionnaire de la chanson Française
Pascal Sevran raconte à travers ces pages très documentées l’histoire de la chanson française. Rien n’échappe à son humeur de polémiste et certaines idoles en paillettes n’y résistent pas…

Un garçon de France
1982
« On me donnait le bon dieu sans confession. On avait tort. J’avais les yeux bleus, de bonnes manières avec les dames du patronage, et si j’allais à la messe sans me faire prier, ce n’est pas seulement pour les raisons que l’on croit. Je couchais avec le curé. »

Le passé supplémentaire
1979 /
Le premier roman, récit d’un écrivain qui ne se console pas d’être un orphelin de l’histoire et s’invente un passé supplémentaire triste et attachant.
Que s’élève la Marseillaise et voilà nos souvenirs au garde à vous. Que résonne l’Internationale et la rue chante. Non ! la chanson n’est pas un art mineur. Elle est gravée dans la mémoire populaire. « Le temps de cerises » et « Maréchal nous voilà » appartiennent un peu à l’histoire de France…
Dalida : La gloire et les larmes
1976
1955-1977 : entre ces deux dates il y a le long chemin qui conduit des faubourgs du Caire à la gloire une petite fille pauvre d’émigrés italiens : Dalida.
Pascal Sevran fait de la chanteuse et de la femme un portrait saisissant. Il raconte la vraie Dalida, celle qui aime, qui souffre, qui se fâche, qui pleure ou qui rit quand le spectacle est terminé






Il pleut, embrasse-moi









